Quels nouveaux risques pour 2017?

Quels-enjeux-directeurs-achats-2017--TQue nous réserve 2017? quels sont les défis de cette année, quelles évolutions vont connaitre les principaux risques qui menacent les États et nos modes de vie?

Risques géopolitiques, économiques, migratoires, terroristes, climatiques...

Chacun d'eux est estimé par les médias et les experts en fonction des possibles choix et décisions du nouveau président intronisé Donald Trump.

Certains médias, comme le quotidien économique français "les Échos", se sont interrogés et tentent de dessiner une nouvelle donne mondiale en 2017 autour de quelques risques principaux:

  • géopolitique et conflits: un risque de guerre mondiale serait possible, comme le détaille et l'explique l'économiste Nouriel Roubini après l'élection de Donald Trump aux États-Unis et son concept d"America first", avec de nouveaux rapports Est-Ouest, la définition de nouvelles relations des États-Unis avec la Chine? la fin de l'Otan? des élections à risque en Europe (un possible quatrième mandat pour Angela Merkel en Allemagne?, un nouveau président en France, des élections aux Pays bas, anticipées probablement en Italie et en Grèce), des tensions avec la Chine avec un renforcement du pouvoir de Xi Yinping? et dix conflits à surveiller de près comme l'analyse Jean-Marie Guéhenno dans Foreign Policy avec  ce titre significatif "the world is entering its most dangerous chapter in decades".
  • économique: risque maximal pour l'économie mondiale? comme l'annonce le Figaro, après l'élection de Trump toujours, avec une possible fin du libre échange, pour quel Brexit après le rejet de l'Europe par le Royaume Uni, pour quelle remontée des taux,
  • migrations: un répit dans la crise migratoire en 2017?
  • terrorisme: vers une reconfiguration avec la liquidation annoncée du Califat islamique, comme le décrit Raouf Farrah dans le Huffington Post?
  • risque climatique en 2017: quelles nouvelles menaces avec quelles conséquences en raison du réchauffement climatique, comme le rappelle le quotidien Direct Matin, sur le risque sanitaire, les espèces et les lieux menacés? la politique des Etats-Unis va t'elle provoquer des risques accrus en raison de la nomination de Scott Pruitt, climato-sceptique de l'équipe de Donald Trump, nommé à la tête de l'Agence de l'Environnement, comme l'indique le journal le Monde dans son édition du 7 décembre 2016?
  • risque de cyberguerre et d'augmentation de la cybercriminalité, comme l'indique Nicolas Baverez dans l'article qu'il a écrit dans le Figaro le 15 janvier dernier, où l'on comprend que "le numérique devient un enjeu de sécurité décisif".

Les conclusions du Forum de Davos n'ont pas contredit ces prédictions peu optimistes.


Le pire est il à venir en 2016 pour les risques terroriste, conflictuel, géopolitique, financier, climatique?

1184575_carte-mondiale-des-risques-leurope-sous-une-menace-inedite-web-tete-021558588648Les prévisionnistes tentent de nous éclairer sur ce qui pourrait se passer cette année et qui pourrait affecter la stabilité du monde. Pas beaucoup d'optimisme d'une façon générale. Qu'il s'agisse des risques géopolitiques, sécuritaires, financiers, environnementaux ou liés à la question des réfugiés.

La palme du catastrophisme revient quand même à Jacques Attali sur son blog de l'Express . A partir de réflexions alarmistes mais fondées, il prévoit presque le pire, malgré un titre alléchant, l'année des bonnes surprises.

Il anticipe, ce que confirment d'autres spécialistes,  bien décrit et illustré dans un article du quotidien les Echos, de nouveaux attentats terroristes, l'aggravation des conflits en cours, la naissance d'autres affrontements en Inde, en mer de Chine, en Afrique (peut être aussi à l'occasion des élections à venir en Afrique de l'Ouest); allant plus loin que la directrice générale du Fonds Monétaire International, qui annonce que "la croissance économique sera inégale et décevante", il évoque une nouvelle crise financière mondiale, plus grave que celle de 2008, annoncée également dans les prévisions iconoclastes de la banque danoise Saxo.

Il envisage de nouvelles catastrophes naturelles liées aux dérèglements climatiques que le journal le Monde, au travers de cinq cartes, illustre bien dans son article intitulé les enjeux géopolitiques liés au climat.

Mais on ne peut passer sous silence le million de réfugiés et de migrants qui ont fui leurs pays en 2015 pour espérer des jours meilleurs en Europe. Cet afflux est une préoccupation majeure des dirigeants européens qui ne sont pas d'accord sur les conditions de leur accueil et constitue en même temps qu'une menace pour la stabilité de l'Europe, un immense défi pour réussir leur intégration, comme l'explique cet article du journal l'Opinion.

Bref, le pire est il à venir?


Avant de partir, informez vous sur les différents risques pouvant perturber vos déplacements: risques terroriste, aérien, maritime, sécuritaire, sanitaire, juridique, culturel...

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Peu de destinations échappent à la violence. Les récents attentats en France, en Tunisie et au Koweït incitent à la prudence. Il est de plus en plus indispensable de  vous prémunir contre tous les risques possibles. Vous trouverez ci dessous quelques éléments pratiques à consulter pour partir en toute sérénité:

  • risque maritime: vous trouverez des informations sur les régions les plus concernées par les actes de piraterie, remises à jour régulièrement sur le site de IMB piracy reporting center avec, dans la partie droite, des liens pratiques pour connaitre les derniers événements et le numéro de la hotline accessible 24h sur 24,
  • risque sécuritaireconseils aux voyageurs incontournables avec le portail Ariane, créé par le ministère des Affaires étrangères et européennes qui "permet aux voyageurs français qui le souhaitent de communiquer des données relatives à leurs voyages à l'étranger.
    Ces données pourront être exploitées, en cas de crise uniquement, par le Centre de crise du ministère des Affaires étrangères et européennes (MAEE) et par les ambassades, afin de contacter les utilisateurs dans l'hypothèse où des opérations de secours seraient organisées"; une carte interactive mondiale des risques politique et terroriste proposée gratuitement par l'assureur Aon pour ceux qui veulent en savoir plus. A consulter également cette carte interactive éditée par le ministère canadien des affaires étrangères régulièrement mise à jour.
  • risque sanitaire: l'information sur les vaccinations obligatoires par pays ainsi que les dernières alertes et actions au niveau mondial des flambées épidémiques conçues par l'O.M.S, une carte mondiale interactive des alertes sanitaires dans le monde, la page de l'OMS consacrée aux aux précautions sanitaires à prendre avant de voyager.
  • risque juridique: pensez à regarder la couverture assurantielle que vous proposent vos cartes bleues, visa, amex etc. et, si nécessaire, pensez à souscrire une assurance spécifique auprès de votre agence de tourisme ou de votre assurance. N'oubliez pas de faire des copies de vos documents de voyages, billets, passeports, cartes de paiement, et de les stocker pour les avoir à disposition rapidement en cas de sinistre...pourquoi pas les scanner et vous les adresser sur votre adresse mél habituel? Accessible de n'importe quel pays du monde, il vous sera facile, en cas de problème, de retrouver et d'imprimer les copies de vos documents?
  • risque culturelle site du ministère français des affaires étrangères vous donne, pays par pays, les comportements à adopter pour respecter les us et coutumes des pays dans lesquels vous avez l'intention de vous rendre. 
  • risque lié aux systèmes d'informations: téléchargez gratuitement la petite brochure appelée passeport de conseils aux voyageurs publiée en 2015 par le gouvernement français. Il donne des conseils utiles toujours valables. Réservé aux professionnels comme à tout utilisateur soucieux de protéger ses informations et ses données, ce passeport fournit un grand nombre de conseils très utiles sur les précautions à prendre lorsque l'on se déplace à l'étranger avec son téléphone, son ordinateur, son "smartphone", son "netbook" etc.

Passez un bel été et...bon voyage!


Le rapport 2011 de Transparency International stigmatise les liens entre crise et corruption

Corruption-le-classement-2011-11_zoomDans sa version du 1er décembre 2011, le rapport de l'ONG  Transparency International met en évidence les liens entre crise et corruption.

Comme le souligne le quotidien économique les Echos  l'ONG explique que la crise de la dette souveraine se justifie «  en partie » par «  l'échec des autorités à empêcher la pratique des pots-de-vin et l'évasion fiscale », et singulièrement en Europe, comme le rappelle l'édition du Monde du 1er décembre dans un article consacré à ce sujet. Comme chaque année la Nouvelle Zélande et les pays scandinaves sont les mieux classés tandis que la Somalie et la Corée du Nord se partagent la 182ème et dernière place. Tout en soulignant que la France demeure au 25ème rang mondial dans le classement, juste derrière les Etats Unis, le journaliste des Echos souligne également les propos du directeur exécutif de l'ONG Transparency International, Cobus de Swardt : «  L'année 2011 a vu le mouvement pour plus de transparence prendre un élan irrésistible car les citoyens du monde entier exigent que leurs gouvernements leur rendent des comptes. »


Risques pays: la Coface et le forum de Davos établissent leurs prévisions pour 2011

Les Echos risque pays Coface0201079363802_web En ce début d'année, ces deux organisations ont formulé avec leurs experts quelques prévisions pour cette année.

La Coface a tenu sa grande réunion annuelle à Paris le 18 janvier dernier. Vous en retrouverez les principales interventions sur ce lien. A retenir, et c'est le tournant majeur de ces dernières années, comme l'indique le quotidien français les Echos,: "Désormais, les pays émergents représentent souvent des risques d'impayés moindres que certains pays de la zone euro... Les risques de bulle chinoise ou de la dette souveraine européenne pèseront sur l'année 2011... Les grands pays émergents bénéficient aujourd'hui de notes équivalentes à celles de bien des grands pays de l'Union européenne"...La deuxième conclusion significative est que, selon l'analyse qu'en fait la Tribune: "la croissance mondiale devrait ralentir en 2011 à 3,4% contre 4% en 2010, sous les effets conjugués du désendettement du secteur privé, de la mise en place des politiques budgétaires restrictives en Europe, de la hausse possible des matières premières et du ralentissement attendu du commerce mondial".

Le 26 janvier a débuté le forum mondial de Davos. Au delà des débats qui ont réuni plus de 2500 experts représentant 90 pays dont vous trouverez ici le résumé, les experts du forum ont identifié cinq risques auxquels il convient d'être attentifs cette année:

"- Cyber security
- Demographic challenges and opportunities
- Resource security
- Retrenchment from globalization
- Weapons of mass destruction".
Les experts qui ont préparé ce forum ont déterminé les risques principaux pour 2011 en tenant compte, comme tente de le montrer ce blog depuis sa création, des risques aussi variés que la gouvernance mondiale, le management des océans, la criminalité, la corruption, l'économie et la finance etc. Vous en trouverez ici les principaux développements: Global competitiveness report, Global risk report 2011, digital ecosystem convergence between IT, Media, and Entertainment, scenarios to 2015.



Risque criminel en entreprise: la fraude a plus que triplé depuis 2003

Etude_fraude_fr_09_1 Le cabinet PricewaterhouseCoopers vient de faire paraitre la cinquième édition de son enquête mondiale sur la fraude en entreprise, en partenariat avec l'INSEAD . Les résultats de l'étude effectuée auprès de 3000 entreprises dans le monde, font apparaitre que la crise favorise la fraude qui a plus que triplé depuis 2003 et, fait nouveau, que les directions générales en seraient en partie responsables, du fait de la pression mise sur leurs collaborateurs pour atteindre les objectifs fixés.

Les principales conclusions, mises en évidence dans l'édition du 30 novembre dernier du quotidien économique les Echos, sont les suivantes:

  • une grande entreprise sur deux est touchée par la fraude,
  • les fraudes comptables (détournements d'actifs,malversations) sont en forte croissance et devraient encore augmenter cette année: 46% des entreprises de plus de 1000 salariés sont touchées par la fraude,
  • la fraude interne est la plus répandue et le middle management en serait à l'origine dans 42% des cas contre 26% en 2007,
  • la mise en œuvre d'un processus de management et d'évaluation des risques permet d'éviter et de détecter la fraude: cela est vrai pour 46% des entreprises dans le monde en 2009 contre 34% en 2007,
  • une plus grande sévérité est constatée vis à vis des fraudeurs: dans 85% des cas, les salariés reconnus coupables ont été licenciés en 2009 contre seulement 40% en 2007.
  • les entreprises sondées anticipent, dans les douze mois à venir, un accroissement de 9 points des détournements d’actifs (de 13% à 22%) et de 5 points de la fraude comptable (de 6% à 11%)".
L'intégralité du rapport est consultable en s'étant préalablement inscrit sur le site de PwC à cette page.


Risque sécuritaire: la fraude au hit parade des actes criminels en entreprise

Images_dalton "La fraude reste une menace importante pour les entreprises avec un coût toujours très significatif": c'est la conclusion globale à retenir de la dernière et quatrième étude 2007 du cabinet PriceWaterHousecoopers, consacrée à la criminalité dans les entreprises en France, en Europe et dans le monde. Cette étude  , réalisée en collaboration avec l'agence allemande TNS-Emnid  et l'Economy and Crime Research Center de l'université Martin Luther de Halle-Wittenberg, met en exergue un certain nombre de conclusions dont voici les principales:

  • la fraude touche toutes les catégories d'entreprises,
  • la fraude reste l'un des risques majeurs: 43% des entreprises mondiales sondées ont reconnu en avoir été victimes dans les deux dernières années,
  • parmi les fraudes les plus répandues, les cas déclarés de corruption se trouvent au 3ème rang au niveau mondial,
  • aucun secteur n'est épargné: celui de l'assurance est le plus touché avec des pertes évaluées à 3,2 millions d'€ par entreprise, pour une perte globale tous secteurs confondus estimée à une moyenne de 1,7 millions d'€,
  • dans les cas de fraudes les plus sérieux, une fois sur deux, un salarié de l'entreprise est coupable,
  • la fraude existe de façon significative dans les pays émergents: 7 concentrent la moitié des pertes financières observées au niveau global; il s'agit de l'ensemble des pays regoupés sous l'appellation "Groupe E7": Brésil, l'Indonésie, Chine, Inde, Mexique, Russie et Turquie,

L'intérêt de cette étude, outre qu'elle détaille la méthode utilisée pour parvenir à ces résultats (plus de 5400 entreprises sondées) est qu'elle met en lumière des facteurs rarement mis en évidence, que de nombreux graphiques illustrent les démonstrations, et que des solutions sont proposées pour tenter d'enrayer ces phénomènes criminels.

A noter que de nombreux journaux ont fait état de cette étude et que le quotidien économique français les Echos en a fait une analyse fouillée dans son édition du vendredi 23 novembre dernier (article payant).


Risque sécuritaire: sécurité économique et protection du patrimoine de l'entreprise

Lock130207 Au mois de mars dernier, l'Agefi Luxembourg, mensuel d'informations économiques et financières a organisé un séminaire sur la sécurité économique et la protection du patrimoine de l'entreprise. L'occasion de rappeler un certain nombre d'évidences et de règles à appliquer.

  • l'information est un élément moteur de la bonne conduite de l'entreprise: des menaces internes et externes peuvent la fragiliser et porter atteinte à la pérennité de son activité.Une politique de sécurité, conduite grâce à des référentiels de haut niveau comme la norme ISO/IEC 17799:2005 ainsi qu'une véritable politique de management de la sécurité de l'information en appliquant la norme ISO/IEC 27001:2005 par exemple, peuvent l'aider à pallier les vulnérabilités existantes.
  • la sécurité physique des locaux, des matériels et des personnels doit faire l'objet d'audits afin de définir les orientations stratégiques à mettre en place pour diminuer les risques,
  • la fuite de l'information: afin de s'en prémunir il faut définir une politique de la sécurité de l'information en la classant selon des critères de diffusion: restreint, confidentiel, secret,
  • la protection de la propriété intellectuelle s'impose. Les atteintes au patrimoine immatériel de l'entreprise, s'il n'est pas protégé, peuvent coûter très cher,
  • la lutte contre la piraterie et la contrefaçon s'impose en collaboration avec les administrations de l'État compétentes,
  • l'espionnage industriel est aussi une réalité à prendre en compte si l'on ne veut pas voir ses secrets commerciaux pillés par une concurrence sans état d'âme.

Tous ce sujets sont en général maitrisés par les grands groupes industriels mais rarement par des entreprises de taille moindre. Pour se rendre compte de la façon professionnelle dont les anglo-saxons traitent ces différentes menaces il suffit de se rendre sur le site de l'Overseas Security Advisory Council du gouvernement américain.

Chacun des points développés dans cette note y sont traités de façon spécifique et répertoriés dans la colonne de droite de ce blog à la rubrique "protégez vos entreprises".


Le blog qui monte....

Visuel Robert Contrucci, responsable du Guide des Sites pour Managers m'adresse le message ci dessous:
"Nous avons le plaisir de vous informer que votre blog "Risques pays" a été retenu par la "Commission de sélection des sites" de l'AAE IAE (Association des Anciens Elèves de l'IAE de Paris . Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), pour entrer dans la sélection de sites du "Guide des sites pour Managers (AAE IAE de Paris)".
C'est un bel encouragement à poursuivre la rédaction de notes que vous êtes de plus en plus nombreux à lire: merci donc à vous tous, lecteurs fidèles!


Risques pays: stratégies géopolitiques et économiques des grandes puissances

Les grandes puissances traditionnelles que sont les Etats Unis et la Russie, malgré la fin de la guerre froide, continuent à s'opposer. Pour des raisons économiques d'abord qui sous tendent des volontés d'influences politiques. D'autres, hier sous estimées, comme l'Inde et la Chine émergent sur la scène internationale et viennent troubler l'ordre établi. D'autres enfin, pays de l'Amérique latine, profitent de l'embellie des cours des matières premières et de leurs réserves énergétiques conséquentes, pour se rebeller contre les "profiteurs occidentaux".

Tous ces événements ont un point commun: l'approvisionnement en énergies. Que ce soit pour utiliser les réserves des Etats pour asseoir une influence amoindrie (Russie), ou pour diversifier, en raison d'une forte consommation intérieure (Chine) ses sources d'approvisionnement, ou pour s'opposer contre une hégémonie devenue trop pesante, voire "impérialiste" (révolte de l'Amérique latine contre les Etats Unis).

Comme l'exprime Claude Imbert dans un remarquable éditorial du Point, en date du 18 mai 2006, la Russie "assise sur son pactole énergétique, nouvelle et désendettée, jouant des coudes dans tout l'ancien empire soviétique, redevient superpuissance". Elle cherche à ramener les "moutons égarés", anciens pays du Pacte de Varsovie, en faisant pression sur eux par l'utilisation de ses énormes ressources en hydrocarbures comme "'armes de manipulation et de chantage". Ce fut le cas avec l'Ukraine l'hiver dernier, dont l'Europe a fait indirectement les frais, la Géorgie, la Biélorussie, le Kazakstan. Le président Poutine cherche aussi à se sortir de l'emprise dans la quelle il se sent contraint par les Etats Unis qui cherchent eux aussi à diversifier leurs sources de pétrole et de gaz en nouant des accords avec les pays de l'Asie centrale: c'était le sens de la visite au Kazakstan du vice président Dick Cheney le vendredi 5 mai. Il veut, selon l'analyse de l'AFP, reprise par le journal La Croix, à la fois barrer la route à la Chine en exportant les ressources de la Caspienne vers l'ouest et "court circuiter le quasi monopole de la Russie sur la route des hydrocarbures" selon le stratégiste de la banque Alfa à Moscou, Chris Weafer.

La Chine, deuxième consommateur mondial de produits pétroliers, cherche à diversifier les sources de ses approvisionnements dans le monde entier: son président, Hu Jintao vient d'effectuer des déplacements, en Afrique fin avril, pour consolider ses approvisionnements en pétrole au Nigéria, en Angola, au Soudan; les importations chinoises de pétrole africain ont augmenté de 9% en 2005, représentant près de 30% de ses importations totales. Auparavant la Chine a conclu des accords sur le même thème avec le Canada et certains pays d'Amérique latine.

L'Iran veut se doter de l'arme nucléaire en défiant les Etats Unis et l'ONU dans un bras de fer dont on ne connait pas l'issue. Egalement puissance pétrolière elle cherche, contre l'Arabie saoudite, à établir sa suprématie sur le monde musulman.

L'Amérique latine, profitant de la formidable augmentation du coût des matières premières se rebelle contre les "profiteurs": ses ressources énergétiques lui permettent en particulier de résister contre l'impérialisme des Etats Unis. L'Equateur vient d'annuler le contrat d'exploration et d'exploitation de la société américaine Occidental Petroleum. Le président bolivien Evo Morales, avec l'appui des présidents du Brésil et de l'Argentine, vient, début mai, de décider de nationaliser les hydrocarbures boliviens. Il a donné 100 jours aux quelques 26 entreprises étrangères, dont l'hispano argentin Rhepsol YPF, le britannique British gas, l'américain Exxon Mobil, le français Total, le brésilien Petrobras, pour "régulariser" leur situation et remettre leur propriété des gisements et d'exploitation à la société publique bolivienne YPFB: 82% de leurs bénéfices, contre 50% aujourd'hui, devront être reversés à l'Etat bolivien. Dans le même temps, le Venezuela, Cuba, la Bolivie font sécession en signant le Traité de Commerce des Peuples qui se veut une alternative au projet de Zone de Libre Echange des Amériques (ZLEA).

Dans ce contexte où l'Asie, la Russie, les Etats Unis, l'Amérique latine préparent activement leur avenir en définissant les stratégies les plus opportunes pour préserver l'approvisionnement de leurs ressources énergétiques, l'Europe parait bien inactive...